I like to move it move it

Je suis face à un cas de conscience, il faut que je partage ça avec vous.
Depuis le mois de septembre, je me suis inscrite dans une salle de sport afin d'y pratiquer plusieurs activités de type fitness.
Comme bon nombre d'enseignes, la mienne (Body Tempo à Caen, ancien Club Moving devenu indépendant) propose les cours brevetés Les Mills.

(instant culture G : LESlie Roy MILLS est un ancien athlète néo-zélandais qui, après avoir pris sa retraite, s'est convertit en gérant de salle de sport. Avec son fils Philip, il décide de créer des cours collectifs brevetés qui se pratiquent de la même façon dans le monde entier, en même temps, avec les mêmes musiques).

Personnellement, je pratique de façon régulière le RPM (sorte de cours de vélo avec un résistance à serrer et desserer en fonction de l'intensité demandée, c'est un cours plutôt cardio)
https://www.youtube.com/watch?v=sPbrouaEYqE
le Bodypump (renforcement musculaire complet avec une barre lestée de poids de 1 à 5kg)
https://www.youtube.com/watch?v=EmUy85YCOuE
et plus occasionnellement (car le club propose moins de cours) le Bodycombat, ce que moi j'appelle "LA BAGARRE".
https://www.youtube.com/watch?v=YNLlpFkW8Fs

Pourquoi un cas de conscience me direz-vous ?
Ben parce que, avouons-le, Leslie et Philip, vous choisissez vraiment des musiques de merde. De la vieille dance de boite de nuit de province, quand ce n'est pas de la pop-rock radio-diffusée remixée avec des grosses basses dégueulasses.

Sauf que ça, tu te le dis les 2-3 premiers mois. Ensuite, au fur et à mesure que tu serres de plus en plus la vis du vélo de RPM et que tu rajoute des poids à ta barre de Pump, tu te fais plaisir, au point d'apprécier de bouger ton arrière-train sur cette soupe. En plus, pendant les cours, on t'invite à participer soit en frappant des mains sur le vélo, ou en chantant la mélodie du refrain (au début tu te sens un peu zinzin, mais au final l'effet de groupe fonctionne, tu chantes de plus en plus fort. T'es même déçue quand un coach te fait pas chanter).

J'en suis arrivée au point de rechercher la playlist sur le site internet de Les Mills, et de faire voir à mon copain ce que je fais à tel moment de la chanson, tout en m'égosillant sur Calvin Harris (ouais, du coup je connais des gens qui m'étaient avant totalement inconnus) et son How Deep is Your Love (et c'est même pas celui des Bee Gees, nan nan, ce serait trop ooold !). Cet après-midi, après une journée un peu moisie, je me suis surprise à chercher sur Deezer un titre de Peanut Butter Jelly et de Flo Rida (Heeeey, that's what I like, I like abouuut youuuu. The way you what you do... ahem, pardon, je m'égare).
Et je n'ai même pas honte. Bon, quand je braille l'intégrale de Céline Dion au volant de ma voiture, j'ai pas honte non plus, tu me diras. Mais quand même.

Alors monsieur Mills, si tu me lis, tu sais que tu peux mettre de la funk, du rock non remixé de temps en temps, même du hip-hop américain, ce serait chouette. Ça fera plaisir à mes oreilles et ça m'évitera de me transformer en Jacquie Moumoute au volant de ma 308 : j'ai pas les moyens d'investir dans un becquet.

la femme chocolat

Alors oui Ferrero, j'ai bien compris, l'huile de palme c'est trop bien, c'est fameux, c'est pas du tout parce que ça ne coûte rien que tu persistes à en mettre dans ton Nutella.
Le truc, c'est que j'essaie de mettre en pratique mon idéal d'écolo-bobo. Alors j'ai d'abord viré de bord et goûté la Nocciolata de Rigoni Di Asiago (tiens lis-ça si tu ne connais pas http://www.consoglobe.com/nocciolata-vient-casser-les-noisettes-nutella-cg) : c'est excellent, sans huile de palme, et bio, ce qui ne mange pas de pain. Enfin si, enfin bref, tu m'as comprise.
Et puis hier, je me suis dit que je ferais peut-être bien d'essayer d'en fabriquer une, de pâte à tartiner. En surfant vite fait sur internet, j'ai vu que plein de gens avant moi y avaient pensé. Il faut un blender. Un bon blender, pas le truc moisi que tu ajoutes à ton robot ménager (je sais, j'en ai eu un, c'est pas la peine de te casser les noisettes, ton machin ne les broiera pas).
Moi, je suis dotée d'une formidable machine, oui messieurs-dames, un outil fort pratique, qui ravira petits et grands, ainsi que les sans-dents puisque cet outil permet avant tout de faire des soupes : Le Soup'n Co.
Oui alors je te vois venir, la soupe et le nutella, on voit pas bien le rapport. OK t'es écolo mais tu vas quand même pas nous faire une pâte de butternut au quinoa et essayer de nous la vendre comme un équivalent du Nutella. Même avec un super argumentaire, c'est non.
En fait ma machine est un blender chauffant. Mais il ne chauffe pas toujours, notament si tu ne le veux pas. Pas comme le relou de la soirée d'hier soir au Banana Café de Gif-sur-Yvette. Et l'avantage de Soup'n'co, c'est que ses lames sont hyper efficaces.
(les batards, ils ont hyper augmenté son prix, au départ il était à moins de 100€. Pour info : http://www.moulinex.fr/Cuisson/Blenders-chauffants-&-cuiseurs-%C3%A0-soupe/Blender-Chauffant-Soup%27n-Co-Blanc/p/8000035214)

Trop de blabla me dit cet homme-là, passons à la recette.

J'ai choisi de m'inspirer de plusieurs recettes lues sur le net, mais aucune ne me plaisait vraiment.

Il te faut :

  • 120g de noisettes
  • 100g de chocolat au lait
  • 1/2 verre de sucre glace
  • 2 petites boites de lait concentré non-sucré (75mL)
  • 1cc d'huile végétale de ton choix (oui, de palme si tu veux faire ton gros batard)
  • une pincée de fleur de sel de l'île de Ré (parce que ça rappelle les vacances et la visite des Marais Salants)
  • 1cs de cacao non sucré (si tu préfères quand c'est moins chocolaté, met juste une cuiller à café)

Et c'est tout.

Tu commences par passer les noisettes 10 minutes au four à 200°C (ce sont bien des degrés Celsius, on sait jamais, si Enjoy Phénix me lit, je préfère être précise).
Ensuite tu enlèves la peau en les frottant dans un torchon, ça s'enlève assez bien.
Tu mets le tout dans le blendeur et tu mixes (wiki-wiki-casque-coincé-entre-l'oreille-et-le-cou).
Normalement, ça doit devenir un peu pâteux, vu que la noix est grasse. Bon moi, la pâte est moyen devenue pâteuse, du coup j'ai ajouté une petite boîte de lait concentré. Et comme par magie, l'ensemble est devenue pâte.
Tu fais fondre ton chocolat, que tu ajoutes dans le blender.
Ensuite tu mets tout le reste (n'oublie pas la deuxième boîte de lait concentré).
Si t'as pas de lait concentré, tu peux mettre du lait de vache (de soja ou d'amande si t'es végan, ça marchera bien je pense).
J'ai mixé pendant une bonne dizaine de minutes, je te raconte pas l'ambiance de malade dans l'appartement. Un peu de plus, on se serait cru à Ibiza un vendredi soir du mois de juillet.
Hésite pas à mixer longtemps, plus tu mixes, plus le mélange est lisse. Après si t'aimes bien les petits bouts de noisette, ben tu mixes peu.
Tu mets le tout dans un joli récipient et tu le prends en photo pour le mettre sur Instagram (et à toi les likes !!).

Voilààààààà, c'est finiiiii.
(Ne sois jamais amer, reste toujours sincère).

(une cuiller à café d'huile bordel. UNE. SEULE. CUILLER. D'HUILE.)

Who's that girl ?

J'ai toujours été attirée par des garçons plus agés que moi. Probablement une question de maturité. Ils me rassuraient.
Et puis un jour de juillet, toutes mes certitudes sont parties en fumée. Un garçon m'avait embrassée. Un garçon qui, je le pensais à l'époque, n'était pas vraiment fait pour moi. Pourquoi ? Il a 11 ans de moins que moi. Même si physiquement il en fait bien cinq de plus, la différence est là.
On se voit peu pendant l'été. D'ailleurs, je suis persuadée que cela n'est qu'un parenthèse éphémère. On en parle d'ailleurs ensemble, on se convainc que c'est forcément épisodique.
Un mois plus tard, on se pose réellement la question de tout arrêter. On ne veut pas se faire de mal, et si cela continue, cela arrivera forcément.
Un soir, j'en parle à une amie, qui vit à peu près la même chose que moi. Elle me dit "mais tu n'as pas peur de passer à côté de quelqu'un qui peut réellement te rendre heureuse et ne jamais retrouver quelqu'un comme lui ?". Ça calme. Et ça fait réfléchir aussi.
Jusqu'ici, je ne me focalisais que sur notre différence d'âge, sans réaliser que nous étions vraiment sur la même longueur d'ondes. Sur presque tout.
Commence alors le début réel de notre histoire, qui dure depuis plus d'un an.
Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Parce que j'en ai ras le bol d'entendre "OH LA COUGAR" à chaque fois que je mentionne "LE" détail. Parce que, sous couvert d'humour, on ne cesse de vous faire remarquer que vous êtes la nana qui couche avec le jeunot.
Onze ans. Dans le sens inverse, personne n'est jamais choqué, ni même ne serait-ce qu'interpellé. Le gars qui se tape une nana plus jeune, c'est dans l'ordre des choses.
Si, malheureusement, les conventions nous font douter, c'est bien le regard des gens au quotidien qui est le plus pénible.
Réflechissez-y la prochaine fois avant de sortir ce genre d'ânerie. Je n'aurai jamais le courage de vive voix de vous dire combien vous êtes lourds, j'esquisserai même probablement un sourire, mais ne vous y trompez pas.
Je peux vous assurer qu'au bout de 150 fois, se voir affublée du qualificatif de cougar, c'est vraiment pénible, injuste et même blessant.
L'amour n'a pas de couleur, de sexe ni même d'âge.
(Merci)

décalécatan décalécatan !

Dans deux jours, c'est le carnaval étudiant de Caen.

Autant de bons souvenirs pour moi qui datent de ma période éstudiantine caennaise. Autant dire que quelques années ont passé depuis.
M'est venue l'idée de vous parler de mon premier amour, de ces moments d'émoi qu'on vit pour la première fois.
Pourquoi cette idée est-elle venue avec le carnaval ? Tout simplement parce que j'étais déguisée en Schtroumpf, il était Gargamel. Et rouler des pelles à Gargamel quand t'es un Schtroumpf, ça ne passe pas inaperçu et ça marque, aussi.
Je n'étais pas particulièrement précoce, puisque, même si j'avais eu quelques amourettes avant, j'avais déjà passé 19 ans quand je l'ai rencontré.

Coup de foudre immédiat.

En cours, on est ensemble en TD. Et à TOUS les cours on est à côté. Mon coeur s'emballe tout le temps. Il a le look surfer, n'est pas de la région, c'est un grand et beau brun ténébreux.
Vers le mois de décembre, alors que je lui indique que je vais aller chez le coiffeur il me glisse subtilement un "Tu devrais te couper les cheveux courts, comme m a c o p i n e".

WHAT ? TA QUOI ?

Le sol se dérobe sous mes pieds. J'ai les jambes en coton. Celle-là, je ne m'y attendais pas. Bon. Je ne m'avoue pas vaincue pour autant. Je fais celle qui s'en tape, laisse passer deux mois. Deux mois où sa copine et lui s'éloignent, puis finissent par se séparer (bon, j'avoue -j'en ai suffisament payé le prix ensuite- par quelques mesquineries de ma part).
Puis, évidemment, on se rapproche. Même si je n'ai pas coupé mes cheveux. Faut pas déconner. Comme quoi, les cheveux courts, c'était pas non plus indispensable.
S'en suivent 5 mois merveilleux, où je découvre tout.
Plaire, aimer et être aimée.

On n'a jamais vraiment coupé les ponts, on s'est séparés puis rabibochés, puis séparés définitivement.
Je suis heureuse d'avoir vécu tous ces moments intenses avec quelqu'un comme lui. Prévenant, attentionné.
Il est aujourd'hui marié et père de deux fillettes. Mais je suis heureuse pour lui, il fait partie de ces rares personnes honnêtes et droites.

Oui, elles existent. Elles sont précieuses.

Merci au carnaval étudiant de Caen de continuer à exister, parce que, tous les ans, à cette occasion, mon cerveau repart 15 ans en arrière non sans un certain pincement au coeur.

School

Depuis ce matin, sur les ondes notamment (oui parce que ma voiture, bien que parfaitement équipée, ne possède pas encore d’écran de télévision), on entend parler de harcèlement à l’école.
Ce sujet me touche particulièrement puisque, comme environ 10% des élèves, j’en ai moi aussi subi au collège.

T’es pénard quand t’arrive en 6e. La grande école, comme disait ma mamie, c’est une belle étape de la vie, t’as ton premier prof principal, tu changes de classe entre chaque cours, tu passes de la cantine au self. Et Dieu qu’il était bon le self du collège de Vassy au temps de monsieur Doulans.

Mais pour moi, ce fut aussi l’étape atroce de me retrouver sans amis, ou de me voir “monayer” des amitiés en donnant des stylos-plume (je te l’accorde, on était des petits joueurs à l’époque). J’étais systématiquement la risée du groupe. Tu sais, la première de la classe, la nulle en sport qui est choisie en dernier par ses camarades au moment de faire les équipes (amis profs, arrêtez d’ailleurs cette méthode stigmatisante).
Je me souviens de tout. De ce jour où ma sœur, qui venait m’apporter mes chaussures de sport que j’avais oublié à la maison, m’a trouvée en larmes parce que, une nouvelle fois, ils m’avaient poussée à bout. De ma sœur qui, dans la minute, les avait accompagné vers le bureau du proviseur, en leur signifiant que si prochaine fois il y avait, c’était dedans qu’ils se seraient retrouvé. Et le pire, c’est que mon cousin qui aujourd’hui est probablement mon meilleur ami était dans le lit d’imbéciles.
Une chance pour moi, ça s’était calmé après.

Mais est venu le temps où j’ai réussi, par on ne sait quel miracle, à sortir avec le plus beau garçon de 5ème. Je te rappelle que je suis en 6e, la classe, quand même. Ces moments sont une gigantesque bouffée d’air.
Pourtant, suite à cela, j’ai encore subi railleries, messages sur le répondeur et compagnie.
Une des filles qui me faisait subir ça devait, de longue date, venir à Disneyland avec moi, ma mère, ma sœur et sa sœur. Je pensais que ça arrangerait tout.
Eh bien non, des le lendemain du retour : “je ne te parle plus”. Wow. Quelle violence quand j’y repense. Tout était intéressé.

J’ai tout encaissé, pleurais le soir, mais je ne me suis jamais résolue à les laisser gagner.
Mais il faut dire aussi qu’internet n’existait pas. Je ne sais pas si j’aurais tenu le coup.

Aujourd’hui, j’ai toujours cette sensibilité à fleur de peau, j’ai même encore subi du harcèlement, notamment sur les réseaux sociaux. Sauf que maintenant, j’ai la maturité nécessaire pour prendre du recul, bloquer les nuisibles et restreindre mes relations aux non-nocives.
Aujourd’hui et depuis le lycée j’ai les meilleurs amis qui soient.


Ne jamais plier.